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| Sylvia par Marie Béatrice Seillanthttp://www.marie-beatrice-seillant.com/ |
Je ne sais pas pourquoi, mais certains quartiers ont des pouvoirs d’attraction qui défient les lois des probabilités.
Moi, c’est la rue Saint Maur, à paris. Je m’y retrouve toujours. Pour rendre visite à un ami peintre dont les œuvres me donnent envie de nager. Pour l’hôpital Saint-Louis qui fête ses quatre cents ans. Pour ses épiceries, ses fast foods hallal, sympas et pas chers, et cette fois-ci pour le Gibus.
Le gibus est un café fermé. Qui s’ouvre par un sas à clopes et se continue par un long couloir que borde le bar et qui finit sur une vague salle de spectacle ?
Il faut venir tôt si l’on veut pouvoir s’assoir. Tout le monde est debout, un verre à la main, se cherche, se montre, se devine.
La bière n’est pas donnée, mais on est à paris. On paie surtout la valeur locative des mètres carrés du quartier.
Le gibus ne sert pas à manger. Ce n’est pas un problème. Tu peux ramener ce dont tu as besoin pour te sustenter, personne ne te dira rien, au contraire, gardes tes frites de la tentation des prédateurs.
